“No plan no capital no model no problem”
Voila le mot d’ordre du Mr Guy Kawasaki en personne.
C’est sûr qu’en terme entrepreneurial on a vu plus constructif et plus rassurant, surtout pour les investisseurs !
Petit rappel : Guy Kawasaki est un ancien d’Apple et auteur de nombreux ouvrages.
Ainsi le web 2.0 (ne parlons pas du web 3.0) et par extrapolation la convergence des services, intéresse très fortement le corps financier et ses analystes.
Pour preuve le prochain numéro trimestriel d’Analyse Financière y consacre tout une partie.
Ce que les analyses aiment :
- Etre rassurés
Entre un média dont les retours sont difficilement mesurables et un média dont les résultats sont immédiatement visibles et quantifiables : la question ne se pose pas. Les investissements vont naturellement se porter vers un média qui « rassure ».
- Tout est dans “la masse”
C’est encore une réalité affligeante mais la convergence de données (audio + visuel etc) est désormais accessible par le grand public, et ça les analystes ils aiment car en terme de potentiel de revenus ça leur parle.
- Le dédoublement qu’apporte la convergence des services 2.0 (certains services en tout cas) vers le mobile
Quoi de plus rassurant que démultiplier des services vers un média dont le potentiel est fulgurant ? La portabilité du mobile offre un nouveau déploiement quant à l’accessibilité de cette nouvelle convergence : voir l’offre télévision HD sur les téléphones portables.
Qui plus est les annonceurs n’hésitent pas à marteler commercialement les usagers à les inciter à la consommation (forfait illimité etc.) : la consommation (et donc la sur-consommation) est une donnée qui rassure les analystes
Ce que les analystes n’aiment pas :
- Une cible qui leur « échappe »
Eh oui les chiffres sont là : les 15 - 25 ans déclenchent et soutiennent (et anéantissent) les nouveaux services multimédias. Ils sont le cœur du moteur, la sèvre des services 2.0
Malgré leur maturité avancée ces 15 – 25 ans n’ont certainement pas le même pouvoir d’achat que les 25 – 40 ans. A part ces djeunes qui ont eu des idées de génies d’acheter des actions Google et de créer leurs sites 2.0 pour les revendre à un prix outrancier.
Par conséquent sur le fichier Excel de nos analystes financiers les revenus que représentent ces utilisateurs n’alimentent pas totalement leur foi au 2.0
- Un mouvement de fond vers un modèle inconnu et non encore approuvé par des best practices :
En effet à cause de cette fichue convergence dont tout le monde parle, les éditeurs traditionnels sont obligés de bouleverser leur modèle économique en profondeur. Ce qui nécessite des investissements lourds alors qu’aucun modèle stable n’ait pu servir de référence
- Des sociostyles trop disparates
Désormais l’audience n’est plus aussi matérialisable et palpable, il faut donc s’adapter à 2 dualités :
fixe / mobile
individualisme / réseaux communautaires
- Rémunérer les usagers ? Et puis quoi encore !
Merci Google AdSense qui met à la portée de monsieur tout le monde un revenu publicitaire permettant au pire de palier aux frais réduits des applications et services 2.0
Il est d’ailleurs un point très crucial qui influera sur le modèle économique du web 3.0 : la rémunération des contributaires aux sites dits UGC… et là encore nos analystes financiers vont avoir du mal à adhérer et miser sur un modèle de service rassurant.
- Touchez pas à ma télé !
Les médias traditionnels sont directement touchés (forte baisse du lectorat de la presse, idem pour la télévision) la faute à l’UGC : 4 des 10 sites mondiaux les plus visités en juillet 2007 sont de cette famille (Youtube, MySpace, Orkut, Wikipedia)
- Le web 2.0 est un média qui n’a pas encore de modèle économique stable :
le contenu (principalement basé sur l’User Genereted Content) ne serait pas ressenti comme fiable et objectif.
Aussi le fonctionnement même de certains services peuvent faire l’objet de violation morale et légale (Viacom réclame 1 milliard de $ contre Youtube pour dommages et intérêts) et peut nuire à la stabilité des entreprises classique et détruire une notoriété (les avis consommateurs > consomacteurs).
- Et comment capitaliser sur des services qui coûteraient bien moins cher que la bulle précédente (je parle de la période euphorique) :
Prenons l’exemple de Truemors (le dernier site lancé par Guy Kawasaki) :
> 2 mois de développements
> 4 800 $ de frais d avocat pour créer l’entreprise
> 4 500 $ pour le développement du site
> Des frais d’hébergement s’élevantg à 150 $ / mois
> Versement de salaire pour 1.5 personnes
> Et une mauvaise publicité 2 jours après sa mise en ligne (le site a été élu plus mauvais site du web) qui lui a valu 256 000 visites !
Comme quoi aucune théorie ne peut pour le moment rassurent les analystes financiers quant au phénomène du web 2.0